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Travail des enfants en agriculture

L’agriculture est, à l’échelle mondiale, le secteur où l’on trouve le pourcentage d’enfants astreints au travail le plus élevé – environ 59 pour cent. Plus de 98 millions de filles et de garçons qui ont entre 5 et 17 ans se consacrent à l’élevage ou à la production vivrière, aidant à fournir les aliments et les boissons que nous consommons, ainsi que les fibres et matières premières que nous utilisons pour fabriquer d’autres produits. Ce chiffre comprend les enfants travaillant dans les secteurs de la pêche et des forêts. Près de 70 pour cent des enfants qui travaillent sont des travailleurs familiaux non rémunérés (BIT Estimations et tendances mondiales 2000-2012). L'agriculture est l'un des trois secteurs les plus dangereux en termes d'accidents du travail mortels et non mortels et de maladies professionnelles. Environ 59 pour cent (ou 70 millions) de tous les enfants âgés de 5 à 17 ans astreints à un travail dangereux  travaillent dans l'agriculture.

La Convention n°138 sur l’âge minimum, 1973, et la Convention n°182 sur les pires formes de travail des enfants, 1999, de l’OIT définissent le travail des enfants comme tout travail qui nuit au bien-être des enfants et entrave leur éducation, leur développement et leurs futurs moyens d’existence. Pour plus d’information : Normes Internationales du Travail sur le travail des enfants dans l'agriculture (site en construction).

Lorsque les enfants sont forcés à travailler de longues heures, cela les empêche d’aller à l’école ou de bénéficier d’une formation professionnelle, et donc d’acquérir l’instruction qui pourrait les libérer de la pauvreté. Les filles sont particulièrement désavantagées car après avoir travaillé dans les champs, elles accomplissent souvent des tâches ménagères à leur retour. La plupart des travaux agricoles peuvent être dangereux, surtout lorsque les normes sur la sécurité et la santé au travail sont limitées, et peuvent provoquer des maladies, accidents ou décès. Les enfants sont particulièrement exposés car leurs corps et leurs esprits sont encore en développement. Ils sont donc plus vulnérables aux risques tels que les pesticides, et les conséquences négatives de leur travail sur leur santé peuvent perdurer jusqu'à l'âge adulte.

Il est important de reconnaître que dans certains contextes, la participation des enfants dans des activités productives non dangereuses peut être positive. Cela peut être le cas de l’agriculture familiale et autres activités rurales familiales. Elle peut par exemple contribuer au transfert intergénérationnel du savoir-faire et à la sécurité alimentaire des enfants. Des tâches adaptées à l’âge, qui ne présentent pas de danger et ne perturbe pas la scolarisation des enfants ou leur droit aux loisirs, peuvent très bien faire partie du processus normal de vie en milieu rural. En effet, de nombreuses contributions aux moyens d’existence de la famille pourraient être utiles aux enfants et leur apporter des compétences pratiques et sociales propices au travail qu’ils entreprendront lorsqu’ils seront adultes. Cependant, pour plus de 98 millions de filles et garçons, leur travail dans l'agriculture va au-delà de ces limites et entre dans la catégorie de travail des enfants qui doit disparaître. Le travail des enfants est très répandu dans l'agriculture et sape le concept même de compromet le travail décent, d'agriculture durable et de sécurité alimentaire.

Les faibles revenus des familles, l’absence d’écoles, le manque de réglementations et de mise en application des lois et les comportements et idées enracinés sur le rôle des enfants dans les régions en zone rurales font partie des facteurs qui rendent la lutte contre le travail des enfants dans l’agriculture particulièrement difficile. Sans un effort concerté pour s’attaquer aux causes profondes comme la pauvreté et l’insécurité alimentaire, il sera impossible de parvenir à l’objectif de l’élimination des pires formes de travail des enfants d’ici 2016, conformément au Plan d’action mondial pour l’éradication du travail des enfants de l’OIT. Le Partenariat international de coopération sur le travail des enfants et l'agriculture rassemble les parties prenantes des organisations de travailleurs et agricoles afin de trouver des solutions au travail des enfants dans l'agriculture.

 

La Conférence mondiale de La Haye sur le Travail des Enfants 2010 

La Conférence mondiale de la Haye sur le travail des enfants 2010 (10-11 mai) a redynamisé le mouvement mondial contre le travail des enfants, a intégré la question du travail des enfants dans les cadres mis en place pour l'éducation, le développement et la défense des droits de l’homme, et a évalué les progrès accomplis depuis l'adoption de la Convention de l'OIT N° 182 sur les pires formes de travail des enfants (1999). Les participants (plus de 500 représentants de 97 pays) ont adopté par acclamation une Feuille de route en vue de l’élimination des pires formes de travail des enfants d’ici 2016.

Pendant la conférence, un atelier sur La volonté politique: Lutte contre le travail des enfants dans l'agriculture (en anglais) a proposé des recommandations sur un large éventail de mesures: politiques de développement durable et sécurité alimentaire; politiques et programmes intersectoriels; travail décent ; participation accrue des parties prenantes en milieu rural, entreprises et consommateurs. Le Partenariat international de coopération sur le travail des enfants et l'agriculture a publié une déclaration commune (en anglais) pour les participants à la conférence afin de soutenir l'inclusion dans la Feuille de Route d'un engagement spécifique et des actions concrètes sur le travail des enfants dans l'agriculture, y compris l'élevage du bétail, la pêche et la sylviculture.

 

Cliquez pour voir la vidéo, OIT, 2007 (en anglais)

 

Depuis 2007, la FAO et l'OIT accordent au travail des enfants dans l'agriculture une place de plus en plus importante dans leurs activités. Un certain nombre de ces activités sont développées en étroite collaboration.

Une étude sur Le travail des enfants et les activités économiques des enfants dans l'agriculture au Ghana (en anglais) (FAO et Université Humboldt de Berlin, en collaboration avec l’OIT, 2008) a porté sur les lacunes constatées en matière de connaissances sur les questions relatives au travail des enfants qui prédominent dans le secteur agricole - en particulier dans la production de cacao, la pêche et l'élevage du bétail. Cette étude a également formulé des recommandations pour les parties prenantes du monde agricole. Certaines recommandations clés comprennent : 1) l’intégration des questions relatives au travail des enfants dans les programmes et les activités; 2) l’accroissement des connaissances sur l'incidence et les formes de travail des enfants dans tous les sous-secteurs agricoles, et sur les politiques et les interventions réussies; 3) le renforcement des capacités par la formation et les matériaux didactiques pour les décideurs, les services de vulgarisation agricole, les agriculteurs, les enfants et les jeunes.

Un bulletin d'information de la FAO sur Les approches participatives et le Travail des enfants dans l'agriculture (Site Internet de la Participation de la FAO, 2009) fournit des informations sur les méthodes participatives, les approches et les outils pour lutter contre le travail des enfants. Les bulletins d'information présentent des exemples de cercles professionnels, de surveillance participative des maladies, de recherches et évaluations participatives et communautaires, de théâtre participatif et stratégies de communication.

L’atelier sur le travail des enfants dans la pêche et l'aquaculture (la FAO a organisé cet atelier en collaboration avec l’OIT en 2010) a été la première initiative portant directement sur le travail des enfants dans ce secteur. Cela a donné un forum pour partager et échanger les connaissances, expériences et bonnes pratiques sur le travail des enfants dans la pêche et l’aquaculture. L'atelier a aussi permis de s’accorder sur un nombre de recommandations, fournir des avis et définir des mesures à adopter.

Contacts

Chargé de liaison de la FAO: Bernd Seiffert, ESW (Bernd.Seiffert@fao.org)

Chargée de liaison de l’OIT: Paola Termine, IPEC (termine@ilo.org)