La collaboration entre l’OIT et la FAO en matière de réponse aux urgences et de relance rapide a joué un rôle important dans la promotion d’activités qui protègent et renforcent les moyens d’existence des populations touchées. Les deux organisations ont, de fait, adopté le principe selon lequel sauver les moyens d’existence équivaut à sauver des vies ; autrement dit, elles se sont engagées à entreprendre une action immédiate axée sur la reprise rapide des moyens d’existence, afin i) d’empêcher que se détériore une situation et d’intervenir avant que les populations recourent à des stratégies d’adaptation nocives, comme la vente de leurs biens, la migration forcée et la prostitution, qui accroissent la vulnérabilité et le risque d’une destitution irréversible ; ii) de fournir un appui urgent pour restaurer l’autonomie réduisant, par là même, le besoin de secours prolongés et coûteux ; et iii) de promouvoir la reprise durable de manière à réduire la vulnérabilité des populations (c’est-à-dire à éviter que se rétablisse la précarité antérieure à la crise qui avait contribué à accroître la gravité de son impact).
La collaboration dans ce domaine entre la FAO et l’OIT a démarré en août 2005 lors des réunions du Groupe de travail sur la reprise rapide du Comité permanent interorganisations (en anglais). Dans le cadre de la réponse des Nations Unies au tremblement de terre de 2005 dans la région du Cachemire géré par le Pakistan, l’OIT et la FAO ont commencé à collaborer pour traiter de questions d’intérêt commun, comme les évaluations des dommages et des besoins, la promotion, la création de capacités, la conception ou l’adaptation d’outils et de méthodes opérationnels, afin de mettre au point une approche concertée de la sensibilisation des donateurs et de la mobilisation des ressources. Conformément à cet objectif, et afin d’assurer l’engagement de la direction de haut niveau des deux institutions, une note d’orientation provisoire et une lettre d’entente conjointe seront signées par les chefs respectifs des deux institutions.
Boîte à outils pour l’évaluation des moyens d’existence
Grâce à sa participation active au Groupe de travail sur la reprise rapide, la FAO en collaboration avec l’OIT ont developpé une boîte à outils pour l’évaluation des moyens d’existence en tant qu’instrument clé d’estimation de la reprise rapide des institutions de l’ONU. La boite à outils sera utilisée par un certain nombre d’organisations au cours de la période consécutive à des catastrophes naturelles imprévues. Il est attendu que son emploi renforcera la réponse de l’ONU aux catastrophes, grâce à une perspective axée sur les moyens d’existence et au resserrement des liens entre les secours, d’une part, et la relance et le développement, de l’autre.
La boîte à outils se compose de quatre unités : chaque unité peut être utilisée séparément pour différents objectifs ou associée aux autres en un système : l’unité 1 – Aperçu et concepts de base – peut être utilisée à des fins de sensibilisation/promotion, ainsi que dans la partie théorique d’un programme de formation ; l’unité 2 – Directives de base pour les moyens d’existence – est utilisable dans la préparation à une catastrophe générale ; l’unité 3 – Évaluation initiale de l’impact sur les moyens d’existence – est adaptée aux appels éclairs, et l’unité 4 – Évaluation des moyens d’existence – vise à approfondir la compréhension et à établir une « feuille de route » pour la relance des moyens d’existence. Est également envisagée une unité supplémentaire axée sur la planification de la réponse en faveur des moyens d’existence qui fournira des conseils ultérieurs sur la façon de transformer les évaluations en feuilles de route, programmes et stratégies.
Groupe de travail interorganisations sur l’évaluation des besoins consécutifs à une catastrophe
Parallèlement à l’élaboration des directives, l’OIT et la FAO participent aussi à un groupe de travail technique interorganisations sur l’évaluation des besoins consécutifs à une catastrophe. Ce groupe de travail examinera les domaines où s’impose l’amélioration de la collaboration, la formulation de concepts et la promotion des bonnes pratiques, tout en identifiant les outils nécessaires pour organiser et diffuser des informations importantes sur des domaines thématiques essentiels, y compris les moyens d’existence, pendant les étapes de la création de capacités, des évaluations et du suivi.
À l’occasion de la journée de réflexion de la Plateforme internationale de la relance (en anglais) tenue à Turin du 20 au 22 novembre 2006, les domaines de collaboration entre la FAO et Delnet (en anglais et espagnol), un programme d’appui au développement local géré par le Centre international de formation de l’OIT, ont été examinés. L’un des domaines identifiés est le cours de formation sur le Développement local durable et la réduction des risques de catastrophes (en anglais et espagnol) que le programme Delnet a lancé à titre de projet pilote en Amérique centrale, conjointement avec le Programme sur la réponse aux crises et la reconstruction de l’OIT (ILO/CRISIS) dans le cadre de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes naturelles de l’ONU (SIPC). La FAO procède à l’heure actuelle à l’examen du matériel de formation de l’OIT sur l’importance d’intégrer la prévention des risques de catastrophes dans la planification locale.
Document de politique générale, à l’échelle de l’ONU, sur le rôle de consolidation de la paix du travail décent
Depuis 2006, l’OIT et le PNUD/Bureau pour la prévention des crises et la relance gèrent ensemble un groupe de travail interorganisations – auquel adhèrent la FAO, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, l’UNIFEM et la Banque mondiale parmi ses nombreux autres membres - afin d’élaborer un document de politique générale à l’échelle de l’ONU sur la création d’emplois et d’activités rémunératrices et la réintégration des réfugiés à la suite de conflits, comprenant aussi des directives opérationnelles correspondantes. Il contribuera à une compréhension commune de la meilleure façon de collaborer aux fins de stimuler l’emploi dans ces situations complexes et souvent difficiles. Il énonce un certain nombre de principes clés qui devront être suivis dans tous les cas, et décrit les défis et les occasions les plus communs et importants pouvant se présenter. La stratégie permettra aux programmes, fonds et institutions spécialisées de l’ONU d’opérer de façon plus intégrée, mieux coordonnée et plus efficace, aux fins de stimuler l’emploi, de redresser les revenus et de promouvoir la réintégration de divers groupes, y compris les jeunes, dans des situations consécutives aux conflits.
La stratégie, qui est également une contribution au travail de la Commission de consolidation de la paix, est étroitement liée aux buts et objectifs du Document sur les résultats du Sommet mondial de 2005 (en anglais) et de la Déclaration ministérielle de l’ECOSOC sur la création d’emplois et le travail décent pour tous 2006 (en anglais), qui reconnaissent que le travail décent est l’un des piliers des activités de consolidation de la paix du système de l’ONU.
Le document fournit une excellente occasion d’exprimer clairement le rôle et l’importance du travail décent et de la création d’emplois dans la consolidation de la paix et, ce faisant, apportera une contribution notable à notre compréhension commune du concept de travail décent dans les situations consécutives aux conflits.
Contacts
Centre de liaison de la FAO: TCER-Chef, TCER (TCER-Chief@fao.org)
Centre de liaison de l’OIT: Donato Kiniger-Passigli, CRISIS (kiniger@ilo.org)



