Genre et emploi rural: comment sortir de la pauvreté ?
La FAO, le FIDA et l’OIT ont organisé un atelier technique de trois jours, destiné aux experts, pour débattre du thème suivant "Lacunes, tendances, état de la recherche en matière de genre et d’emploi agricole et rural : quels sont les moyens pour sortir de la pauvreté", lequel a eu lieu á Rome du 31 Mars au 2 Avril 2009. L'atelier a cherché des réponses à des questions importantes mais rarement abordées: Que savons-nous exactement des dimensions de genre de l'emploi rural agricole et non agricole? Quelles sont les lacunes en matière de données et recherche? Y at-il des exemples de bonnes pratiques qui pourraient être utilisées pour remédier aux inégalités entre les femmes et les hommes par des politiques nationales?
Les résultats de l'atelier comprennent un Rapport et sept Notes d’orientation. À titre de première étape, ces publications fournissant des orientations aux décideurs, aux chercheurs et aux praticiens du développement dans les pays en développement ainsi qu’à la communauté internationale.
Genre et emploi rural: comment sortir de la pauvreté ?
Statut, tendances et lacunes
Le rapport reflète les dernières réflexions sur les dimensions sexospécifiques de la pauvreté rurale. La pierre angulaire de son analyse est l'Agenda pour le Travail Décent des Nations Unies, qui appelle à la création de meilleurs emplois pour les femmes et pour les hommes et à l'obtention de la protection sociale pour tous les travailleurs ruraux, en s'assurant que les normes du travail s'appliquent à tous les travailleurs ruraux et en promouvant des institutions rurales qui représentent les intérêts des femmes et des hommes de façon équitable |
Genre et emploi rural: comment sortir de la pauvreté ?
Notes d'orientations, numéros 1-7
Les femmes apportent une contribution considérable à l’agriculture et à l’économie rurale dans les pays en développement. Toutefois, par rapport aux hommes, elles ont un accès moindre aux ressources productives et aux opportunités d’emploi. Dans le rapport de la FAO intitulé « La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture » (SOFA), le chapitre « Le rôle des femmes dans l’agriculture : combler le fossé entre les hommes et les femmes pour soutenir le développement (2011) » montre que réduire les inégalités entre les hommes et les femmes dans l’accès aux ressources, aux services et à l’emploi développerait la production agricole des pays de 2,5 à 4 pour cent, ce qui à l’échelle mondiale pourrait réduire le nombre de personnes souffrant de la faim de 100 à 150 millions. Cette série de Notes d’orientation sur les questions de genre et emploi rural complète ces conclusions en se penchant sur la diversité des problèmes auxquels les femmes en milieu rural sont confrontées dans leur environnement de travail. S’adressant à divers acteurs concernés, publics et privés, ces notes d’orientation ont été inspirés par des enseignements tirés de l’atelier 2009 FAO-FIDA-BIT sur les Disparités, tendances et la recherche actuelle dans les dimensions relatives aux questions de genre de l’emploi agricole et rural : des cheminements différenciés pour sortir de la pauvreté.(Télécharger version ZIP)
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Ce document, qui introduit l’Agenda du Travail Décent, fournit un cadre général à cette série de notes d’orientation. L’Agenda du Travail Décent est une approche intégrée visant à promouvoir les droits sur le lieu de travail, un emploi et des revenus décents et productifs pour les hommes et les femmes, la protection sociale pour tous et le dialogue social, l’égalité d’opportunités entre femmes et hommes étant considérée comme une priorité transversale. Ainsi, le travail décent n’est pas simplement au cœur de la réduction de la pauvreté ; elle est également essentielle pour s’assurer que le travail est accompli dans des conditions de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité humaine. Cette note d’orientation analyse les déficits en matière de travail décent auxquels les femmes en milieu rural sont confrontées, en mettant l’accent sur leur prédominance dans les emplois à faible productivité et à faible rémunération, sur le manque de droits élémentaires liés au travail, ainsi que sur l’insuffisance des possibilités d’expression et de représentation. Il préconise des politiques sensibles aux questions de genre pour stimuler l’emploi et les revenus ruraux, étendre la protection sociale aux populations rurales, améliorer les conditions de travail et les droits des travailleurs, et renforcer le dialogue social. |
| Note d'orientation 2 Investir dans les compétences pour l’autonomisation socio-économique des femmes en milieu rural Cette note d’orientation fait valoir que l’apprentissage de technologies et de méthodes de production améliorées, de nouveaux produits et marchés ainsi que de compétences nécessaires à l’activité professionnelle et à la vie pratique sont des facteurs pouvant faire une grande différence pour améliorer la productivité et les moyens de subsistance. Les femmes ont souvent des besoins en formation différents de ceux des hommes, qui sont liés, d’une part, à leur travail domestique et à leurs responsabilités de soins familiaux, et d’autre part, aux divisions du travail sensible au genre relatives à la direction ou à l’accomplissement de tâches spécifiques dans la production et la transformation des produits agricoles. Cette note d’orientation analyse certains des facteurs sociaux, culturels et économiques pouvant restreindre l’accès des filles et des femmes en milieu rural à l’éducation et à la formation, en les confinant dans un statut inférieur et dans un emploi insuffisamment rémunéré avec des perspectives limitées en matière de développement des compétences. La liste des orientations possibles propose une série de mesures pratiques pour stimuler la participation des femmes à une éducation et une formation techniques et professionnelles, afin de renforcer les possibilités pour elles de trouver un emploi de meilleure qualité.
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| Note d'orientation 3 L’entrepreneuriat des femmes en milieu rural est une « bonne affaire »! Cette note d’orientation nous rappelle que les femmes en milieu rural dirigent de plus en plus fréquemment leurs propres entreprises, bien que celles-ci soient largement concentrées dans des activités de très petite taille, de faible productivité et de faible rendement et opérant dans l’économie informelle et dans des marchés traditionnellement féminins (production/traitement des produits agricoles pour les marchés locaux, artisanat et commerce à petite échelle). La note d’orientation fait ressortir les facteurs qui limitent l’aptitude des femmes à se lancer dans des économies d’échelle et dans des marchés intérieurs ou d’exportation plus rentables, à savoir les lois, réglementations et normes sociales à caractère discriminatoire, l’accès limité des femmes à l’éducation, à la formation et aux services financiers et commerciaux, ainsi que le caractère largement informel, opérant à petite échelle, de leurs entreprises. Les orientations recommandées préconisent un cadre plus propice à l’entrepreneuriat des femmes ainsi que des mesures visant à l’amélioration de leurs compétences entrepreneuriales et au développement de services financiers et commerciaux sensibles aux besoins spécifiques des femmes.
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| Note d'orientation 4 Développement de la chaîne de valeur agricole : menace ou opportunité pour l’emploi des femmes ? À mesure que s’accélère la mondialisation des marchés agricoles, les chaînes de valeur modernes, souvent contrôlées par des sociétés multinationales ou nationales et des supermarchés, s’emparent une part croissante des systèmes agroalimentaires dans les régions en développement. Bien que de telles chaînes de valeur fassent évoluer la structure de genre de l’emploi et que des femmes mieux instruites rivalisent souvent fort bien avec les hommes pour obtenir des emplois de qualité, on note la persistance des stéréotypes liés au sexe confinant les femmes pauvres et qui n’ont pas fait d’études à des travaux faiblement rémunérés, moins qualifiés et plus précaires au sein de la chaîne de valeur. Ce document examine les raisons de ces inégalités entre les hommes et les femmes et propose une série de mesures possibles visant à promouvoir les chaînes de valeur agricoles mettant l’accent sur la question de la pauvreté et de l’égalité entre les femmes et les hommes, à encourager les bonnes pratiques ainsi qu’à favoriser la participation des femmes aux organisations de producteurs et de travailleurs et aux processus de prise de décision.
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| Note d'orientation 5 Les femmes en milieu rural paient un prix élevé à cause du manque d’infrastructures, en termes de temps passé à accéder à l’eau pour l’usage domestique ou agricole, à transformer et à commercialiser des produits agricoles et non agricoles, à collecter du bois de feu et à atteindre les services de santé pour elles-mêmes et leurs familles. Cette « pauvreté en termes de temps » limite leur aptitude à développer des sources complémentaires de revenu ou à y accéder. La note d’orientation analyse les obstacles à l’emploi des femmes dans le cadre de programmes de travaux publics et d’infrastructure locale. Les orientations recommandées invitent à porter une attention accrue aux questions de genre à travers les processus de conception et de mise en œuvre des projets d’infrastructure, notamment en consultant les femmes sur le choix des travaux et les modalités de paiement leur permettant de mieux contrôler leurs gains, en fournissant des structures de garde d’enfants, et en assurant la participation active des femmes à la gestion/entretien de nouvelles réalisations.
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| Note d'orientation 6 Reconnaissant que les personnes pauvres au milieu rural migrent fréquemment vers les zones urbaines ou d’autres zones rurales, ou encore à l’étranger, afin d’échapper à la pauvreté, et que la moitié des migrants internationaux sont des femmes, la note d’orientation examine les bénéfices et les coûts de la migration pour les travailleurs concernés, leurs familles et leurs communautés, en fonction du profil et du sexe des migrants ainsi que des spécificités du marché du travail. Il montre comment la migration peut changer les relations de pouvoir entre femmes et hommes dans les ménages ruraux et les communautés rurales, ce qui peut se traduire par des conséquences différenciées selon les sexes sur les marchés du travail agricole. Le document montre également que, grâce aux envois de fonds des migrants et à leurs nouvelles compétences, la migration peut améliorer les moyens de subsistance et stimuler le développement agricole et rural. Il propose des politiques possibles telles que des mesures sensibles aux questions de genre pour traiter les facteurs de départ dans le cadre de l’émigration rurale, des services consultatifs et juridiques destinés à protéger les migrants, les aider à trouver un travail décent et maximiser les bénéfices apportés par les envois de fonds, ainsi que des mesures d’aide et d’incitation pour ceux et celles qui reviennent au pays.
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| Note d'orientation 7 Il y a à travers le monde 215 millions d’enfants travailleurs, et 60 % d’entre eux, âgés de 5 à 17 ans, sont employés dans l’agriculture – dans des exploitations et des plantations, sur des bateaux de pêche ou à garder des troupeaux. Sans éducation, ces enfants sont susceptibles d’être les pauvres de demain. La cause fondamentale de cette situation est la pauvreté rurale persistante, l’analphabétisme parental et les bas salaires qui ne constituent pas de revenus adéquats pour les adultes. Les problèmes sont aggravés par l’accès limité à un enseignement de qualité dans les zones rurales et par les attitudes traditionnelles qui souvent font obstacle à la scolarisation des filles, par la répartition des rôles au travail en fonction du sexe, des normes sociales et des cycles de vie des enfants, ainsi que par l’exposition aux produits agrochimiques, aux maladies d’origine hydrique et aux blessures liées au travail. Des politiques sensibles aux questions de genre sont proposées pour réduire la pauvreté rurale, améliorer les revenus des adultes et faire sortir les enfants du travail tout en encourageant leur scolarisation.
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